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Pour une république souveraine laïque et sociale

Commentaires de la déclaration du Président de la République sur le séparatisme

Par Hubert Sage, le 1 novembre 2020

Nation et république socialea cru utile, après le meurtre de Samuel Paty de donner quelques échos à un billet d’Hubert Sage, qui préside l’association Laïcité et république  sociale, billet rédigé le 4 octobre dernier.

 La laïcité n’est pas la neutralité de l’Etat comme l’a annoncé le Président de la République, elle ne se réduit pas non plus à la séparation des églises et de l’Etat. Rappelons seulement ici que la laïcité trouve son fondement dans l’égalité en droit de tous et la liberté du culte, fruit des « Lumières » » du 18ème siècle et de la Révolution française. Nous y reviendrons ultérieurement avec une analyse théorique et historique.

 

Mais, parce que le Président de la République n’est pas laïque (le passé récent nous l’a amplement montré), sa déclaration présente un intérêt certain que les forces laïques doivent utiliser pour continuer leurs actions. En effet, un certains nombres d’éléments sont incontestablement de nature républicaine, c’est-à-dire : 

–      affirmer que ce qui est contraire aux principes de laïcité sera interdit, 

–      que l’obligation de neutralité des agents publics sera étendue aux salariés des entreprises délégataires, que les motifs de dissolution seront étendus aux atteintes à la dignité de la personne et aux menaces physiques et psychiques

–      que les subventions aux associations seront conditionnées au respect des valeurs de la République

–      que l’instruction des enfants se  fera obligatoirement dans des écoles contrôlées pédagogiquement et non à domicile ni dans des écoles sauvages soumises à l’influences des sectes antirépublicaines

–      que l’enseignement des langues étrangères ne doit plus être fait par des organisations communautaristes étrangères mais dans le cadre de l’Education nationale

D’ailleurs, ainsi E. Macron contredit ses paroles proclamant la neutralité de l’Etat puisque justement il reconnait implicitement le rôle de l’Etat dans la préservation du caractère laïque de la société en érigeant des lois et règlement d’interdiction, à l’image des lois anticléricales de notre 3ème république ! Les ennemis de la laïcité (de l’extrême droite à l’extrême gauche) ne s’y sont pas trompés puisque ils les réfutent tous d’un commun accord. 

La déclaration sur la fin des imams détachés exerçant en France ne peut que nous réjouir également. Mais, la loi qui paraitra à ce sujet doit inclure tous les ministres des cultes, y compris les prêtres polonais et africains intégristes importés par l’Eglise catholique et les missionnaires américains des sectes évangélistes et protestantes fondamentalistes. Mais si l’Etat doit favoriser les organisations religieuses qui reconnaissent, sans détour, que les lois de la République s’imposent face à des prescriptions religieuses, quelles qu’elles soient, cela  doit se faire ni par des subventions ni par une intervention directe de l’Etat dans l’organisation de celles-ci, mais uniquement  par des dispositions législatives et réglementaires qui les protègent des organisations intégristes et totalitaires antirépublicaines. Sinon, nous aurions  des mesures de type concordataire et cela ne rentrerait plus dans le cadre de la laïcité, notamment celui de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’Etat. En plus cette déclaration oublie des mesures fondamentales à prendre, comme l’interdiction des subventions aux associations (et partis politiques) venant de l’étranger, et l’interdiction du port du voile islamique chez les accompagnatrices scolaires, pour ne citer qu’elles.

Mais cette déclaration du président de la République a le mérite non seulement de rejeter les thèses des indigénistes et islamo-gauchistes, mais aussi de cliver sur ce thème les partisans de la majorité, ce qui ne pourra à terme qu’affaiblir l’ anti-sociale équipe dirigeante. C’est dans ce cadre de cette stratégie de lutte en faveur de la laïcité que nous devons soutenir la lutte de Marlène SCHIAPPA, ministre chargée de la citoyenneté, pour la suppression des certificats de virginité, contre la volonté de Nadia HAI, ministre de la cohésion des territoires qui les défend au nom de la coutume (!).

Nous avons conscience que cette déclaration du président de la République ne sera pas forcément suivi d’effet et pourra dévier sur une forme plus ou moins concordataire, mais nous reconnaissons son rôle de clivage  avec les adversaires de la laïcité de toute nature et nous devons savoir en tirer profit.

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